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Réforme de la prévoyance CARMF : ce qui change pour les médecins

Par Julien Vasseur 7 min de lecture
Médecin libéral consultant un document de cotisations CARMF

Réforme de la prévoyance CARMF : ce qui change pour les médecins

Depuis 2025, la CARMF a revu en profondeur son régime invalidité-décès : les trois classes fixes A, B et C, qui existaient depuis des décennies, laissent place à un système où la cotisation et une partie des prestations suivent de plus près le revenu réel. Le piège classique, c’est de continuer à raisonner en classe comme avant la réforme, alors que le mode de calcul a changé pour une grande partie des médecins libéraux.

La fin des classes fixes A, B et C

Avant 2025, chaque médecin cotisait dans l’une des trois classes selon ses revenus nets non salariés de l’avant-dernière année : classe A sous 1 PASS, classe B entre 1 et 3 PASS, classe C au-delà de 3 PASS. Chaque classe correspondait à un montant de cotisation fixe et à des prestations forfaitaires identiques pour tous les médecins de la même classe, qu’ils soient tout juste au-dessus du seuil ou tout juste en dessous du suivant.

La réforme 2025 conserve un principe de paliers pour les revenus les plus bas et les plus hauts, mais introduit un calcul proportionnel pour la tranche intermédiaire, qui concentre la majorité des médecins libéraux.

Le nouveau calcul des cotisations, palier par palier

Pour un médecin nouvellement installé, les deux premières années (l’année d’affiliation et la suivante) restent soumises à un forfait fixe, 623 € en 2025, faute de revenu de référence disponible. À partir de la troisième année, la cotisation dépend du revenu net déclaré deux ans plus tôt :

Revenu net (N-2)Cotisation régime invalidité-décès
≤ 1 PASS623 € (montant minimum)
Entre 1 et 3 PASS434 € + 0,4 % du revenu de l’année
≥ 3 PASS1 188 € (montant maximum, 2025)

Faites le calcul pour votre propre situation avant de supposer que la réforme vous est favorable ou défavorable : un médecin qui gagnait juste au-dessus du seuil bas de l’ancienne classe B peut voir sa cotisation baisser, tandis qu’un médecin en haut de cette même fourchette peut la voir augmenter, puisque le montant suit désormais son revenu réel plutôt qu’un forfait de classe unique.

Un mode de calcul de l’invalidité recalibré

Autre changement notable : le calcul de la rente d’invalidité ne se base plus uniquement sur le revenu de l’année N-2. Il retient désormais le revenu annuel le plus élevé parmi les trois années précédant l’entrée en jouissance de la rente. Concrètement, ça donne quoi pour un médecin dont l’activité a progressé sur les dernières années avant un arrêt ? Un calcul plus favorable, puisque l’année la plus haute des trois est retenue plutôt qu’une année N-2 qui pouvait être creuse. Le détail des montants d’indemnités journalières et le trou de garantie des 90 premiers jours restent expliqués dans l’article dédié aux indemnités journalières CARMF.

Qui est concerné, qui ne cotise plus

Le changement touche en priorité les médecins qui relevaient de l’ancienne classe B, soit une fourchette de revenus assez large (de 1 à 3 PASS), désormais traitée de façon proportionnelle plutôt que forfaitaire. Autre évolution à noter : les médecins en cumul emploi-retraite qui ne cotisent plus au régime invalidité-décès de la CARMF perdent la couverture associée, en dehors d’une partie des droits liés au décès pour leurs ayants droit.

Ce qui ne change pas : le décès

Sur le risque décès, la réforme n’a pas modifié les garanties existantes : le capital versé et la rente de conjoint restent calculés selon les règles en vigueur avant 2025. C’est sur les cotisations, les indemnités journalières et le calcul de l’invalidité que se concentre l’essentiel de la réforme.

Ce qu’il faut vérifier maintenant si vous êtes médecin libéral

Sur le terrain, je vois trop de médecins qui découvrent le changement sur leur appel de cotisation, sans avoir anticipé l’impact sur leurs garanties. Trois réflexes à avoir cette année :

  • Comparer votre nouvelle cotisation à l’ancienne pour vérifier le sens de la variation selon votre revenu réel.
  • Vérifier que votre contrat de prévoyance complémentaire reste calibré sur l’écart réel avec le régime obligatoire, et pas sur une ancienne classe qui n’existe plus.
  • Si vous approchez d’un cumul emploi-retraite, anticiper la perte de couverture invalidité-décès plutôt que de la découvrir après coup.

Le comparatif des contrats complémentaires disponibles pour les médecins libéraux, avec les critères à vérifier après cette réforme, est détaillé dans le comparatif prévoyance médecin.

Questions fréquentes

La réforme CARMF de 2025 augmente-t-elle toutes les cotisations ? Non. L’effet varie selon le revenu réel : certains médecins voient leur cotisation baisser, d’autres augmenter, puisque le calcul suit désormais un barème proportionnel sur la tranche intermédiaire plutôt qu’un forfait de classe unique.

Faut-il refaire son contrat de prévoyance complémentaire après la réforme ? Pas systématiquement, mais un contrôle est utile : le calibrage d’un contrat Madelin dépend de l’écart entre le régime obligatoire et le revenu réel, un écart qui a pu se déplacer selon votre situation avec le nouveau mode de calcul.

Julien Vasseur

Conseiller en protection sociale des indépendants depuis 15 ans.