par-profession

Prévoyance par profession libérale : le guide selon votre métier

Par Julien Vasseur 9 min de lecture
Professionnels libéraux de différents métiers consultant leurs garanties de prévoyance

Prévoyance par profession libérale : le guide selon votre métier

Il n’existe pas une seule prévoyance des professions libérales : il en existe autant que de métiers. La raison est simple — chaque profession libérale dépend d’une caisse différente, et chaque caisse couvre les arrêts de travail, l’invalidité et le décès à sa façon. Un médecin n’a pas les mêmes trous de garantie qu’un kiné ou qu’un psychologue.

Ce guide vous aiguille vers les réflexes propres à votre métier. Commençons par le principe commun à tous.

Le point commun à toutes les professions libérales : un régime obligatoire insuffisant

Consultation : chaque profession a sa caisse et ses garanties

Quel que soit votre métier, votre régime obligatoire pose un plancher de protection — jamais une couverture complète. Sur le terrain, je vois trop de pros qui découvrent ce trou au moment où ils en ont le plus besoin : pendant un arrêt prolongé.

Depuis la réforme de 2021-2022, la plupart des professions libérales réglementées bénéficient d’indemnités journalières de la CPAM pendant les 90 premiers jours d’arrêt (plafonnées à 197,51 €/jour en 2026). Mais :

  • Après le 90e jour, c’est votre caisse qui prend (ou pas) le relais — souvent à un montant bien plus faible.
  • Les charges fixes professionnelles continuent de courir pendant l’arrêt.
  • Le capital décès et la rente d’invalidité obligatoires sont souvent symboliques.

Pour comprendre le mécanisme général avant de plonger dans votre métier, voyez comment choisir sa prévoyance TNS et le comparatif des garanties par caisse.

Professions de santé

Médecins (CARMF)

La CARMF ne verse des IJ qu’à partir du 91e jour, de 34,67 à 136 €/jour selon la classe de cotisation. Capital décès de 70 000 €. Le trou des 90 premiers jours et le calibrage de la classe sont les deux points à travailler.

Chirurgiens-dentistes (CARCDSF)

Profession gestuelle par excellence : une atteinte à la main peut stopper l’activité. Le barème croisé d’invalidité y est déterminant.

Sages-femmes (CARCDSF)

La CARCDSF verse un forfait de 49,70 €/jour seulement à partir du 91e jour. Avant : IJ CPAM. La maternité de la sage-femme elle-même est un sujet spécifique. Voir la prévoyance de la sage-femme libérale.

Pharmaciens (CAVP)

La CAVP ne verse aucune IJ en cas d’arrêt — seulement les IJ CPAM (depuis juillet 2021). Capital décès de base : 25 308 €. Pour un titulaire endetté par le rachat de l’officine, la prévoyance complémentaire est vitale. Voir la prévoyance du pharmacien.

Infirmiers et kinés (CARPIMKO)

La CARPIMKO verse 55,44 €/jour à partir du 91e jour — l’une des meilleures bases, mais loin du revenu réel. Métiers physiques, exposés au mal de dos et à l’usure. Voir la prévoyance de l’infirmière libérale.

Orthophonistes (CARPIMKO)

Même caisse que les kinés et infirmiers, mais une activité moins physique. Le risque principal reste l’arrêt long et l’invalidité.

Vétérinaires (CARPV)

Profession exposée aux accidents (morsures, manipulation d’animaux) avec une caisse aux prestations limitées.

Professions du droit et du chiffre

Avocats (CNBF)

Le CNBF a son propre régime, avec des IJ versées dès le 8e jour — une particularité parmi les caisses libérales.

Notaires (CRN)

Régime spécifique des notaires.

Experts-comptables (CAVEC)

IJ à partir du 91e jour. La problématique de l’homme clé et de la transmission du cabinet est centrale.

Professions du cadre de vie et professions non réglementées (CIPAV)

La CIPAV est la caisse qui offre le moins en matière de prévoyance obligatoire — aucune IJ substantielle au-delà des 90 jours CPAM. Pour ces professions, la prévoyance individuelle est quasi indispensable.

Architectes (CIPAV)

Au-delà de la RC décennale obligatoire, l’architecte n’a quasiment aucune couverture d’arrêt de travail via sa caisse.

Psychologues (CIPAV)

Profession non réglementée, caisse minimaliste : le besoin de prévoyance est maximal. Voir la prévoyance du psychologue libéral.

Ostéopathes (CIPAV)

Métier gestuel non remboursé, exposé à l’usure articulaire, avec une caisse CIPAV peu protectrice.

Autres indépendants

Chauffeurs de taxi (SSI)

Relevant de la SSI, exposés à un risque routier élevé et à des charges fixes lourdes (véhicule, licence).

Comparer les garanties de prévoyance selon le métier

Le réflexe commun, quel que soit votre métier

Trois questions à se poser, peu importe la profession :

  1. À partir de quel jour ma caisse verse-t-elle, et combien ? C’est la base du calibrage de la franchise.
  2. Mes charges fixes professionnelles sont-elles couvertes ? Si vous avez un local, du matériel, du personnel, regardez la garantie frais généraux permanents.
  3. Le barème d’invalidité tient-il compte de mon métier spécifique ? Crucial pour les professions gestuelles — voir le barème croisé d’invalidité.

Choisir une prévoyance adaptée à son métier, ce n’est pas prendre le contrat le moins cher : c’est combler le trou précis que laisse votre caisse.

Julien Vasseur

Conseiller en protection sociale des indépendants depuis 15 ans.