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CIPAV : la couverture prévoyance des professions libérales non réglementées

Par Julien Vasseur 7 min de lecture
Professionnel libéral affilié à la CIPAV examinant sa couverture prévoyance

CIPAV : la couverture prévoyance des professions libérales non réglementées

La CIPAV est la caisse de retraite et de prévoyance d’une vingtaine de professions libérales non réglementées : architectes, consultants, ingénieurs-conseils, psychologues, ostéopathes, moniteurs de sport… Et c’est, sans détour, l’une des couvertures prévoyance les plus faibles du paysage. Si vous relevez de la CIPAV, partez du principe que votre caisse ne vous protégera quasiment pas sur les arrêts longs.

Ce que verse vraiment la CIPAV

Les indemnités journalières

Avant 2022, les affiliés CIPAV n’avaient quasiment aucune indemnité journalière. Depuis la réforme, ils bénéficient désormais des IJ de la CPAM pendant les 90 premiers jours (50 % du revenu, plafonné, après 3 jours de carence).

Mais au-delà du 90e jour : rien de substantiel au titre des IJ. Contrairement à la CARMF ou la CARPIMKO qui versent un forfait à partir du 91e jour, la CIPAV ne prend pas de relais significatif. C’est le vide.

Couverture prévoyance limitée de la CIPAV comparée aux autres caisses

L’invalidité

La CIPAV verse une rente d’invalidité, mais à un montant minimal, soumis à conditions (taux d’invalidité élevé requis). Pour un professionnel en activité, cette rente ne maintient en rien le niveau de vie.

Le décès

Un capital décès de base existe, là encore limité. Insuffisant pour couvrir un emprunt ou plusieurs années de revenus pour les proches.

Pourquoi la CIPAV est si peu protectrice

La CIPAV a longtemps été critiquée pour le décalage entre les cotisations versées et les prestations servies. Sa logique est centrée sur la retraite, avec une prévoyance réduite au minimum. Pour les professions qui en relèvent, le message est clair : la prévoyance individuelle n’est pas une option, c’est une nécessité absolue.

C’est ce qui ressort aussi du comparatif des caisses libérales, où la CIPAV figure systématiquement en bas du tableau.

Les professions concernées et leur besoin

Profession CIPAVRisque principalBesoin prévoyance
ArchitecteArrêt long, RC décennale (distincte)Élevé
PsychologueBurn-out, dépendance à la présenceMaximal
OstéopatheUsure articulaire (gestes)Élevé
Consultant / ingénieur-conseilArrêt longÉlevé
Moniteur de sportAccident, risque physiqueÉlevé

Pour le détail par métier, voyez la prévoyance du psychologue libéral et le guide de la prévoyance par profession.

Comment se couvrir quand on dépend de la CIPAV

Le réflexe : considérer la CIPAV comme inexistante au-delà de 90 jours, et bâtir une prévoyance individuelle complète :

  1. IJ complémentaires avec franchise courte (la CIPAV ne prendra jamais le relais).
  2. Rente d’invalidité robuste, calculée sur le revenu réel, avec un bon barème.
  3. Capital décès dimensionné aux besoins de la famille.

Le moment critique — le passage du 90e jour sans relais — est détaillé dans que se passe-t-il après 90 jours d’arrêt.

Questions fréquentes

Pourquoi suis-je à la CIPAV et pas ailleurs ? La CIPAV regroupe les professions libérales non réglementées qui ne disposent pas de leur propre caisse sectorielle. Votre affiliation découle de votre code d’activité.

Puis-je quitter la CIPAV ? Certaines professions ont basculé vers la SSI ces dernières années (notamment des micro-entrepreneurs). Pour la plupart, l’affiliation CIPAV reste imposée selon l’activité.

La RC décennale d’un architecte le couvre-t-elle en cas d’arrêt ? Non. La responsabilité civile décennale couvre les dommages aux ouvrages, pas vos revenus. C’est un contrat totalement distinct de la prévoyance.

Julien Vasseur

Conseiller en protection sociale des indépendants depuis 15 ans.