CARPIMKO : cotisations, classes et prestations invalidité-décès
CARPIMKO : cotisations, classes et prestations invalidité-décès
La cotisation CARPIMKO se décompose en trois régimes distincts : le régime de base, le régime complémentaire et le régime invalidité-décès, chacun avec son propre mode de calcul. Le piège classique, c’est de chercher un système de « classes » de cotisation comme chez d’autres caisses professionnelles : depuis la réforme du régime complémentaire au 1er janvier 2026, la CARPIMKO fonctionne intégralement de façon proportionnelle au revenu, sans plus aucune classe à choisir.
Infirmiers libéraux, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes cotisent tous selon les mêmes règles. Voici comment se calcule chaque brique, et ce que ces cotisations financent réellement en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès.
Pourquoi il n’existe plus de classes de cotisation à la CARPIMKO
Un système de classes optionnelles a bien existé à la CARPIMKO, mais uniquement entre 1956 et 1995 : cinq classes de 1956 à 1968, puis quatre classes de 1969 à 1995, chacune ouvrant droit à un nombre de points de retraite différent selon le niveau choisi. Ce système a disparu depuis, remplacé par des cotisations calculées sur le revenu réel.
Faites le calcul : si vous tombez encore sur une référence à des « classes CARPIMKO » en 2026, il s’agit soit d’un contenu obsolète, soit d’une confusion avec le système d’une autre caisse professionnelle (la CAVP ou la CARMF, par exemple, fonctionnent par classes A/B/C pour leurs régimes complémentaires). À la CARPIMKO, chaque euro de revenu supplémentaire génère mécaniquement plus de cotisation et plus de points, sans palier à choisir soi-même.
Le régime de base : 8,73 % du revenu professionnel
Le régime de base CARPIMKO est aligné sur la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). Depuis la réforme de l’assiette sociale unique entrée en vigueur en 2025, la cotisation se calcule sur le revenu professionnel après un abattement forfaitaire de 26 %.
En 2026, le taux de cotisation du régime de base s’élève à 8,73 %, appliqué sur un revenu compris entre un plancher de 845,86 € et un plafond de 62 478 €. En dessous du plancher, une cotisation minimale s’applique ; au-delà du plafond, aucune cotisation supplémentaire n’est due sur le régime de base.
Le régime complémentaire : la réforme 2026 qui change tout
C’est ici que la réforme du 1er janvier 2026 a le plus d’impact. Jusqu’en 2025, le régime complémentaire fonctionnait selon un système mixte : une cotisation forfaitaire garantissait automatiquement 8 points de retraite par an, complétée par une cotisation proportionnelle donnant droit à 22 points supplémentaires au maximum.
Depuis le 1er janvier 2026, ce système mixte a disparu au profit d’une cotisation intégralement proportionnelle, au taux unique de 8,70 %, appliquée sur une tranche de revenu comprise entre 0,5 PASS (24 030 € en 2026) et 3 PASS (144 180 €). Les points de retraite complémentaire ne dépendent plus que du montant réellement versé, sans plus aucun forfait garanti indépendamment du revenu.
Concrètement, ça donne quoi ? Pour un revenu de 24 030 €, la cotisation minimale s’établit à 2 090,61 €. Entre 24 030 € et 144 180 €, elle progresse au taux de 8,70 % du revenu. Au-delà de 144 180 €, elle plafonne à 12 543,66 €, quel que soit le revenu déclaré.
La cotisation invalidité-décès : un montant fixe, indépendant du revenu
Contrairement aux deux régimes précédents, la cotisation invalidité-décès CARPIMKO n’est pas proportionnelle au revenu : elle s’élève à 1 022 € en 2026, un montant forfaitaire identique pour tous les affiliés, quel que soit leur chiffre d’affaires.
Cette cotisation est obligatoire jusqu’à l’âge d’obtention du taux plein au régime de base, puis devient facultative jusqu’à 70 ans, âge auquel la garantie s’arrête définitivement. Sur le terrain, je vois trop de pros qui découvrent cette date butoir au moment où ils en auraient justement besoin : mieux vaut vérifier sa situation avant l’échéance plutôt qu’après.
Ce que finance la cotisation invalidité-décès : les prestations en détail
Incapacité temporaire : indemnités journalières du 91e jour au 1095e jour
Après un délai de carence de 90 jours, la CARPIMKO verse une indemnité journalière de 55,44 € par jour en 2026, jusqu’au 1 095e jour d’arrêt (soit 3 ans). Cette indemnité est réduite à 27,72 €/jour en cas de reprise en mi-temps thérapeutique, avec un maintien de l’indemnité pleine possible pendant 9 mois maximum dans ce cadre.
Ce délai de 90 jours crée un trou de couverture réel : depuis la réforme de juillet 2021, la CPAM comble une partie de cette franchise pendant les trois premiers mois, mais le relais n’est jamais complet face à un revenu libéral. Le comparatif des régimes obligatoires par caisse détaille ce mécanisme pour l’ensemble des professions concernées.
Invalidité : deux niveaux selon le taux d’incapacité
Passé le 1 095e jour, deux niveaux de rente d’invalidité prennent le relais, versés jusqu’au dernier jour du trimestre civil suivant le 65e anniversaire :
| Type d’invalidité | Montant mensuel | Majoration |
|---|---|---|
| Invalidité partielle (≥ 66 % et revenus sous le plafond) | 840 €/mois | Aucune |
| Invalidité totale (incapacité définitive d’exercer) | 1 680 €/mois | + 504 €/mois (conjoint, enfant ou tierce personne à charge) |
Ces montants sont des forfaits fixes : ils ne varient pas selon le niveau de revenu antérieur, ce qui explique pourquoi une prévoyance individuelle complémentaire reste indispensable pour les revenus au-dessus de la moyenne de la profession.
Décès : capital et rentes aux ayants droit
En cas de décès de l’affilié, un capital est versé selon la situation familiale :
- 36 288 € au conjoint sans enfant à charge.
- 54 432 € au conjoint avec un ou plusieurs enfants à charge.
- 18 144 € aux ascendants ou descendants, en l’absence de conjoint.
S’y ajoutent une rente conjoint de 840 €/mois (versée jusqu’au 65e anniversaire du conjoint, sous condition de mariage d’au moins 2 ans) et une rente orphelin de 630 €/mois par enfant (jusqu’à 18 ans, ou 25 ans en cas d’études).
Simuler ses cotisations et anticiper le manque à gagner
Le régime obligatoire CARPIMKO couvre l’essentiel, mais les montants forfaitaires d’invalidité et de décès restent souvent très inférieurs au revenu réel d’un kiné, d’un infirmier libéral ou d’un orthophoniste en fin de carrière. Le guide sur l’assurance packagée de l’infirmière libérale détaille comment compléter cette base avec une prévoyance individuelle calibrée sur son propre revenu, dans le cadre fiscal Madelin ou en droit commun.
Pour une vue d’ensemble des cotisations et prestations propres à chaque caisse professionnelle, la page dédiée à la CARPIMKO régulièrement mise à jour reste la référence.
En résumé
- Il n’existe plus de classes de cotisation à la CARPIMKO depuis 1995 : la confusion vient souvent d’autres caisses (CAVP, CARMF) qui fonctionnent encore par classes.
- Le régime de base se cotise à 8,73 % du revenu (après abattement de 26 %), entre 845,86 € et 62 478 €.
- Le régime complémentaire est devenu intégralement proportionnel au 1er janvier 2026, au taux de 8,70 % entre 24 030 € et 144 180 €.
- La cotisation invalidité-décès est un montant fixe de 1 022 €, indépendant du revenu.
- Les prestations (IJ, invalidité, décès) sont forfaitaires, ce qui justifie une prévoyance complémentaire au-delà d’un certain niveau de revenu.
Julien Vasseur
Conseiller en protection sociale des indépendants depuis 15 ans.